Carnet de route

Trek et via ferrata dans les Dolomites

Le 16/09/2015 par ALESSIO André

 

C’est loin. Tout au bout de l’Italie. Vers l’Autriche. Ca ressemble un peu à Monument Valley aux Etats-Unis ou aux Torres del Paine en Patagonie. Un peu au relief des Calanques aussi, mais en beaucoup plus grandiose. Tout ça en calcaire grisâtre parfois marbré d’ocre ou de teintes rougeâtres. Les Dolomites !! Pas trop élevées (3343 m maxi) mais avec quand même une ambiance de haute montagne.

 

Des pics, des tours, d’immenses falaises. Des tunnels, des échelles vertigineuses. 1915-1918, c’est la guerre. Les militaires italiens et autrichiens rivalisent d’ingéniosité pour équiper la montagne et défendre leur frontière. De bois ces incroyables équipements sont devenus de fer et d’acier, les via ferrata. Elles sont maintenant des cheminements aménagés et sécurisés pour randonneurs et grimpeurs en désir d’altitude.

 

Du 6 au 13 septembre, emmenés par Geneviève, 5 du Caf (Florence, Geneviève, André, Gérard et Guy) et 3 non cafistes (Joëlle, Nelly et Rémy) à proximité nord-est de Cortina d’Ampezzo

 

Lundi 7 : Refuge Fonda Savio (2367m). A l’assaut des cimes Cadini et de la via ferrata du Merlone (17 échelles métalliques). Très rapidement nous sommes dans la neige d’un immense névé. Des câbles et des échelles nous aident à franchir un col. Mais c’est sûr, c’est pas ça ! On s’est gouré ! De retour au refuge sur la falaise de droite, très haut, des fourmis accrochées à la ferraille. Mince, c’était là ! Trop tard ! Superbe sortie quand même.

L’après-midi le magnifique sentier en corniche du Bonacossa nous mène au pied de la face sud des Tre Cime (Ovest, Grande et Piccola). Noblesse, élégance, beauté. Nous sommes ici au cœur des Dolomites, son site le plus célèbre, véritable sanctuaire. Alors bien sûr beaucoup de monde sur le chemin qui mène au refuge Lavaredo (2344m)

 

Mardi 8 : Matin ensoleillé. Tout là-haut, défiant le vide et la verticalité, deux grimpeurs sur la mythique voie Spigolo Grallo de la Cima Piccola. Impressionnant !

 

Longue route ascendante pour atteindre la via ferrata du sentier des Forcelle. Des à-pics, des crevasses, des corniches, des passerelles, des ascensions, des descentes. Vertigineux ! Tout y est vertigineux ! Du gaz, du gaz et encore du gaz ! C’est impossible de grimper là-dedans ! Et pourtant ça passe. Facilement même. Après la brèche Del Camoscio (ya vraiment beaucoup de monde !) un dernier ressaut pour atteindre le sommet du Monte Paterno (2744m). Sous la croix sommitale, joie d’être ensemble, du bonheur plein les yeux. En face de nous sur le sentier des Forcelle, incroyable vision de tous ces points noirs qui progressent comme des moucherons sur une brindille accrochée au ciel.

 

Descente vers le refuge Tre Cime Locatelli (2405m). Passage à la frontale dans un très long tunnel. De-ci de-là quelques ouvertures sur le vide. Des escaliers. Descente aux enfers. Mais comment pouvait-on vivre là ? Obscurité. Froid et souffrance. Pauvres soldats ! Et puis c’est la clarté. Magnificence ! Le refuge Locatelli en pleine lumière. Les lacs de l’Alpe dei Piani. La face nord des Tre Cime. Grandiose !

 

Mercredi 9 : A coté du refuge ascension de la Torre di Toblin (2617m). Des câbles et 17 échelles, verticales ou en dévers ou inclinées par-dessus le vide. Du gaz, toujours du gaz. Sous la croix du sommet pas beaucoup de place, on se presse un peu. Le panorama à 360° est fantastique. On est des dieux !

 

L’après-midi cheminement au pied de la face nord des Tre Cimes. Imposantes, écrasantes, superbes. Le refuge Locatelli nous domine, aussi beau qu’un monastère du Tibet. Par le col de Mezzo et un sympathique chemin pentu en lacets serrés on retourne aux voitures.

 

Jeudi 10 : Nous montons (par le téléphérique) à 2932m au refuge Lorenzi. Pas de bol, là-haut il est tombé 15cm de neige ! Pieds dans la neige, brume froide et humide, on essaye quand même la via ferrata Iva Dibona. Parcours brouillardeux sur le fil exigu d’une arête horizontale. Absolument vertigineux ? Oui sans doute, mais on ne s’en aperçoit que lors d’une rapide éclaircie qui dévoile sous nos pieds des vides, des pentes, des gouffres, des abîmes, des merveilles de couleurs. Un passage sans sécurité, alors prudence oblige on fait demi-tour après une heure de progression. Cocooning au refuge, belote, rebelote et dix de der. On ne se parle pas !!

 

Vendredi 11 : Boule incandescente, rouge de honte le soleil pointe son nez au-dessus de la ligne de crête. Le ciel est limpide. L’horizon flamboie. La brume dévoile des plans successifs de sommets. Zénitude de matin calme. Nous sommes scotchés par tant de beauté. Si on ne fait pas la Dibona par un temps pareil on ne la fera jamais ! Oui mais la neige gelée crisse sous nos pieds. Le sol est verglacé. Ca va être la foire à la glissade. Même assurés avec une longe la roche est dure à la chute. Alors prudence, prudence. La rage au cœur, l’âme en peine de nouveau on renonce. Vite redescendre plus bas et trouver une autre via ferrata à escalader.

 

C’est fait. 5h en boucle dans la Michielli Strobel. Un bon raidillon d’approche. Une escalade facile. Câbles et échelles. 1000m de dénivelée au total. Au retour 500m de dénivelée dans un pierrier glissant à souhait. Plus de jambes. Fourbus, épuisés, ravis, on a la dose, on peut rentrer.

 

C’est beau les Dolomites mais c’est loin.

Il reste tant de choses à voir.

Oui mais c’est loin.

Un jour peut-être

Merci Geneviève

Merci

 

 

 

 

 

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