Carnet de route

Neige et roche à Chamonix

Le 24/08/2016 par CHARAUD Sylvain

Stage Alpinisme Estival du 23/07/2016 au 30/07/2016

 

Cet été, Jean-Paul et Laurent proposaient 2 stages d’alpinisme. À la suite d’une semaine dans les Écrins, l’objectif du 2nd stage est de nous faire progresser en mixte dans le massif du Mont-Blanc. Aiguisez-bien vos crampons, nous allons les user !

Samedi : montée au refuge Albert 1er (2 706m)

Au village du Tour, nous sommes 6 au rendez-vous, en ce début d’après-midi pour monter au refuge portant le nom d’un ancien roi belge féru d’alpinisme : Jean-Paul, Laurent, et Youcef en provenance directe des Écrins, François, Sébastien et moi depuis Aix. Charlotte nous rejoindra dans 2 jours.

Le refuge vient d’être rénové et est bien confortable, dans une petite ambiance d’auberge de jeunesse.

Dimanche : « couloir Nord » et « arête Nord » de l’aiguille Nord du Tour (3 544 m – AD ?)

C’est la foule des grands jours pour l’aiguille Sud du Tour, qu’à cela ne tienne, nous partons faire une course sauvage comme n’en connaît que Jean-Paul, « le couloir Nord » et « l’arête Nord » de l’aiguille Nord du Tour. Même le gardien ne connaît pas vraiment, on devrait être tranquilles !

L’approche se fait en passant en Suisse par le col du Midi des Grands, pour rejoindre la fenêtre du Pissoir.

Après une rimaye bien bouchée, Jean-Paul et Sébastien suivent un couloir (neige, rocher et même glace) jusqu’en haut, pendant que les 2 autres cordées préfèrent rejoindre le rocher de l’arête. Réunis au sommet, nous désescaladons le côté sud pour rejoindre le collet séparant les 2 aiguilles du Tour, d’où part un couloir de neige bien molle côté suisse qui rejoint l’autoroute de la voie normale du sommet Sud. Tiens Youcef a trouvé ses premiers cristaux !

Lundi : face Nord de Tête Blanche (3 429 m - AD)

La neige étant bien molle hier, nous ne tenterons pas l’Aiguille du Chardonnet par la fameuse arête Forbes, pour être certains de ne pas arriver après la fermeture des remontées mécaniques. Nous resterons tous dans un couloir de neige sur la face Nord de Tête Blanche, bien visible hier au sommet de l’aiguille du Tour.

Nous rejoignons la face par le col du Tour. La rimaye ne peut être franchie (facilement) qu’en un endroit, nos 3 cordées se suivent donc dans un couloir en conditions variables (bonne neige, cailloux instables, glace, neige molle sur glace souvent trop fine pour brocher, …), dans une pente qui dépasse parfois les 50°. C’est très formateur ! Nous ne faisons pas le détour par la Petite Fourche pour éviter la pluie qui s’annonce. Objectif rempli, nous arriverons secs (sauf des pieds !) au chalet Alpin du Tour, où Charlotte nous rejoint après un long périple en train.

Mardi : « descente » au refuge d’Argentière (2 771 m) par les Grands Montets (3 296 m)

La chaleur est écrasante lors de la descente sur le glacier des Rognons, le temps se couvre pour la remontée sur le glacier d’Argentière, et nous arrivons avec la pluie au refuge. Heureusement, Béatrice nous accueille chaleureusement dans un refuge douillet : il y a même des fleurs aux fenêtres ... La cuisine y est vraiment excellente, et la vue sur la face Nord de la Verte, des Courtes et des Droites ne vient pas gâcher le tout.

Mercredi : face Nord de la pointe supérieure des Améthystes (3 586m – AD ?)

Vous croyez que la pointe des Améthystes mérite son nom ? Allez, on y va !

Nous montons sur le glacier des Améthystes pour rejoindre le pied de la face Nord de la pointe supérieure des Améthystes, bien enneigée. La rimaye semble franchissable en 3 endroits. Voilà 3 itinéraires tous désignés pour nos cordées !

Sébastien, Charlotte et Laurent montent au col des Améthystes, Jean-Paul et Youcef visent le bord des rochers plus à l’Ouest, François et moi la pointe au milieu sur une pure pente de neige à 50-55°.

La neige très molle a rendu difficile le passage de la rimaye pour les trois cordées, heureusement elle est meilleure dans la face. Nous nous rejoignons tous au sommet, puis descendons (l’un d’entre nous avec un sac bien plus lourd qu’à la montée !), en tirant un rappel depuis le col, qui nous permet de repasser facilement la rimaye.

Jeudi : Aiguille d’Argentière par Flèche Rousse (3 900 m - AD)

Nous sommes 5 à nous lever à 3h pour gravir l’Aiguille d’Argentière par l’arête de Flèche Rousse.

Charlotte et Laurent partiront de leur côté pour la petite Aiguille Verte, ils y éviteront la foule en choisissant une jolie variante de la voie normale.

Pour une fois, la neige a bien regelé, ce qui nous permet de rejoindre sans difficulté l’arête de Flèche Rousse au moment où le soleil dépasse l’horizon côté suisse ... Que c’est beau !

Tout en corde tendue et crampons aux pieds, nous alternons entre l’arête en rocher digne de l’Oisans (gros tas de cailloux), et la neige qui ramollit vite côté suisse. Nous descendons un couloir glacé « peu engageant » côté français, puis remontons par un système de vires, de couloirs de neige ou de terrain « sale » pour rejoindre du beau rocher. Une jolie cheminée nous attend, nous enlevons provisoirement les crampons pour tirer une longueur avec un pas athlétique, et rejoindre le sommet de Flèche Rousse. De là, nous tirons un rappel glacial avant de rejoindre l’arête enneigée rejoignant le sommet de l’Aiguille d’Argentière, encore coiffé d’une large corniche. Avec ce contraste de température entre un vent glacé du Nord, et une chaleur moite côté Sud, nous n’irons pas au bord vérifier si elle tient !

La descente vers le glacier du milieu est laborieuse dans cette neige molle qui a tendance à botter sous les crampons. Il faut même faire un petit saut pour franchir la rimaye … ouf, ça passe !

Nous arrivons trop tard (après 17h) au refuge pour envisager de rejoindre Charlotte et Laurent qui doivent déjà prendre une douche chaude au chalet du Tour. Heureusement Béatrice nous trouve des places pour une nouvelle nuitée au refuge. Zut alors, nous devrons encore nous régaler de la bonne cuisine des gardiens !

Vendredi : Repos et plan C

Grasse matinée pour certains, jolie descente pour les autres jusqu’à la gare intermédiaire du téléphérique des Grands Montets. Pas si courte la descente : sans espoir d’attraper la dernière benne, nous aurions fini de nuit hier ! Tout propres, avec un porte-feuille allégé, mais l’estomac rempli par un bon pique-nique à Chamonix, nous réadaptons le programme plusieurs fois. Ça cogite !

  • Plan A : montée au refuge Torino par le Skyway italien

    • Abandon : 2h d’attente pour passer le tunnel du Mont Blanc

  • Plan B : montée au même refuge depuis la France par le téléphérique de l’Aiguille du midi et les œufs de la Vallée Blanche

    • Abandon : les œufs sont en maintenance, en plein cœur de la saison estivale

  • Plan C : nuit à Chamonix pour grimper dans les Aiguilles Rouges.

    • Retenu : Jean-Paul annule la réservation à Torino, et nous trouve des places au gîte du Chamoniard Volant

Ouf, le plan D c’était le retour direct à Aix ! Nous pouvons profiter tranquillement du reste de l’après-midi en ville, et le soir nous étudions le topo des Aiguilles Rouges.

Samedi : Escalade dans les Aiguilles Rouges

C’est le secteur Index de la Glière - Floria qui a retenu notre attention par ses courtes marches d’approche et la possibilité d’y trouver quelques grandes voies pas encore trop équipées. Pour ceux qui connaissent Chamonix, c’est au-dessus du lac Blanc, la promenade familiale panoramique du secteur.

Nos 3 cordées se séparent pour des parcours sauvages pour certains, plus fréquentés pour d’autres : sur l’index de la Glière, on se serait cru à l’entrée du tunnel du Mont-Blanc, mais avec une plus belle vue !

Nous nous rejoignons tous pour un dernier casse-croûte sous la pluie, qui pour la première fois de la semaine n’a pas attendu qu’on soit redescendus. Une dernière bière, crêpe ou « délice aux myrtilles » à la Potinière, et nous devons déjà rentrer à la maison, bye-bye !

 

Merci à Jean-Paul et Laurent pour l’organisation de cette superbe semaine, et à tous les autres pour la bonne ambiance dans les cordées … Je comprends mieux pourquoi tant d’alpinistes ne jurent que par le massif du Mont-Blanc, c’est un terrain de jeu inépuisable !

(Photos : J-P Bouquier, F. Simonneau)

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