Carnet de route

Luberon Sud

Le 01/03/2020 par TROTIGNON Laurent

En ces temps d’épidémie, du temps nous est donné. Non pas pour randonner, mais écrire pourquoi pas ? Je n’écrirai pas ici le carnet de route de ma quatorzaine, voyage immobile où le thermomètre remplace l’altimètre, Decaméron solitaire du lever au coucher du soleil. Je pense à Delphine, recluse à la Timone, elle le devine et m’envoie un SMS.

Tout était différent le 1er mars : nous sommes dix cafistes en train de traverser la clairière de la Font de l’Orme. La météo s’améliore et un autre groupe, les Excursionistes Provençaux, se prépare également sur le parking. Remontant la Combe de l’Yeuse, je vérifie les indications données par Iphigénie. En effet, lors de la reconnaissance faite un mois plus tôt, je me suis perdu plusieurs fois, notamment au premier embranchement. Cette fois c’est bon, je trouve le sentier. Je marche en tête et mon pantalon essore les chênes kermès chargés de rosée. Nous arrivons bientôt sur une épaule ensoleillée, au pied du Pic de Faiendre, une courte pause me permet de trouver la suite de l’itinéraire. Le sommet du Pic est rapidement atteint : sur le Val de Durance, les brumes alternent avec les trouées de soleil, les falaises du Petit Luberon ont une patine fauve.

Nous suivons alors un sentier étayé par des murettes de pierres sèches et arrivons sur le plateau anticlinal peuplé de cèdres. Il faut alors tourner à gauche sur la route des crêtes. Olivier remarque que sur cet espace dégagé nous marchons comme des oies sauvages en vol, une formation en V, permettant de jacasser ensemble tout en réduisant la traînée. Au point 714 m, nouveau virage à gauche, en direction du Plateau de Canteduc. Le coin est paumatoire, heureusement un balisage fait de points bleus vient d’être rafraîchi. Il faut parfois foncer tête baissée dans des bouquets compacts de chênes et d’arbustes : grâce aux vestes en Goretex nous n’en ressortons qu’à moitié trempés. Un passage de brumes plus compactes, poussées par un vent frais, donne une ambiance écossaise à cette section du parcours. Nous arrivons sur le promontoire de Canteduc qui offre des vues impressionnantes sur les falaises. Il s’agit de ne pas se perdre dans ces parages car il va maintenant falloir descendre l’escarpement par un tracé pas évident à trouver. Heureusement, les mésaventures vécues avec Delphine lors de la reconnaissance ne se renouvellent pas : nous n’aurons pas à errer dans le labyrinthe des falaises, des vires, des bosquets impénétrables. Immédiatement je retrouve l’issue de cette forteresse, c’est l’heure de manger et le soleil vient nous accompagner pendant ce partage où je ressens la bienveillance de la montagne lorsqu’on l’aborde avec humilité.

La suite du parcours est agréable, un peu d’escalade facile, une vire exposée où l’on peut s’ancrer à des bonzaï, une traversée avec quelques éboulis puis le maquis et la forêt du piémont. Voici la Font de l’Orme et son arboretum, Mérindol et sa terrasse de café microscopique, nous buvons à notre santé, heureux et insouciants.

 

 

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