Carnet de route
Initiation cascade de glace, Aiguilles et Pelvoux-Vallouise
Le 25/01/2022 par BENTEGEAT Antoine
Sortie du 22/01/2022 - Initiation cascade de glace et fondue savoyarde.
Les plus chanceux sont partis la veille au soir avec en perspective un bon repas au gîte et une grasse matinée peu méritée. Pour les autres ils régleront leur réveil comme pour une vraie course d'alpi. Après tout chacun s'entraîne comme il veut.
Sur la route, plus les kilomètres augmentent plus la température diminue. Il fait déjà -8°C quand on arrive à destination.
Samedi matin, -12°C. Le fond de l'air est frais. Ça n'impressionne pas l'équipe. Faut dire qu'on est avec les cordées surprises par le mistral de décembre à la Sainte Victoire quelques semaines plus tôt. Ils sont unanimes : " il faisait plus froid sur l'arête d'Aix". Ces gens du sud... faut toujours qu'ils en rajoutent.
La cascade est en vue, on sent l'excitation et l'impatience de l'enfant sage à la veille de Noël. On a tous hâte de mordre la glace.
La cascade de glace au début c'est un peu comme un match perdu d'avance. D'un côté on a la glace, dure, avec une armée de gueules cassées en surplomb d'où pointent des canines suspendues au-dessus du vide. Et de l'autre côté, il y a surtout des pieds gelés et des nez qui coulent. A priori c'est plié.
Certains d'entre nous mettons des crampons pour la première fois, on étrenne nos chaussures d'alpinisme flambant neuf et les ampoules fournies avec.
Premiers exercices de cramponnage et de pioletage. On mord, on griffe, on se débat. Il y a plus de gêne que de plaisir. Faut dire qu'à douze degrés sous zéro le cerveau peine à se demander ce que le reste du corps fout là.
Nous trouvant téméraires mais sans grâce les encadrants concèdent à nous expliquer les rudiments de l'escalade glacière. Ils nous installent des moulinettes sur des voies de plus en plus hautes et de plus en plus raides. Ça y est, on marche sur l'eau, dure, verticale !
Au bout de deux heures, il nous en faut plus. Certains réclament déjà la tête. On sort les broches. Il est temps d'entrer dans le dur. Les manipulations nous sont expliquées. Au final c'est comme en TA, ce n’est pas si compliqué. Euh alors le point de renvoie c'est lequel déjà par rapport au relais ? Vous n’avez pas une sangle en plus, j'ai oublié la mienne ?
Notons ici que la patience semble être une vertu indispensable à tout bon encadrant du CAF. Cette qualité est souvent sous-estimée et peu connue du grand public, à tort. Ce week-end, nous avons mis leur patience à rude épreuve et n'en avons que frôlé les limites, c'est dire si elle est vaste. Merci à eux.
La première journée se conclue autour d'une fondue gourmande et familiale. Régal et plaisir sont partagés. Les sourires jusqu'aux oreilles en disent longs.
Demain rebelote. Quelle drôle d'idée...
Un grand merci à nos encadrants Sylvain, Gérard, Vincent et François pour l'organisation, leur patience, leurs conseils et (parce qu'on venait en fait surtout pour ça) la fondue !





