Carnet de route
Gorges de Trévans
Le 02/04/2019 par TROTIGNON Laurent
En ce dimanche ensoleillé, les gorges de Trévans attirent les promeneurs et les pêcheurs de truite. Les uns admirent les arbres en fleurs à l’entrée des gorges, les autres sondent les eaux de l’Estoublaisse et du Clovion, espérant une touche. Le fond des gorges est encore frais, le groupe que j’emmène vers le Pont de Tuf s’ébroue et s’échauffe progressivement.
La première étape, vers la maison forestière de Valbonnette, suit un confortable sentier PR balisé en jaune. Nous traversons à flanc la forêt ONF de pins noirs, aux troncs parfaitement calibrés. Aux essences des pins se mêlent l’odeur forte des buis. Valbonnette nous accueille avec un parterre de primevères, un endroit idéal pour faire une pause. Nous repartons et bifurquons bientôt vers la gauche deux fois de suite, attrapant ainsi le chemin du Pont de Tuf. Ce dernier, reconnu début mars, demande de l’attention. Au début, bien que plus étroit que le sentier PR, il reste facile. Ensuite, il se heurte à des barres rocheuses et devient technique et exposé. De courtes escalades alternent avec des traversées d’éboulis, nous nous enfonçons dans des ravins, remontons sur des échines rocheuses, attrapons un câble, passons sous des surplombs. Notre groupe, un peu bruyant, provoque des mouvements d’animaux invisibles dans les fourrés. La descente en spirale vers le Pont de Tuf nécessite une grande prudence afin d’éviter les chutes de randonneurs et de pierres.
Enfin nous y sommes : nous traversons l’Estoublaisse, très encaissée, sur une passerelle naturelle mi-végétale mi-minérale. Ce site est très particulier, unique, fragile. Le pont de tuf a été créé grâce aux eaux minéralisantes d’une source qui surgit rive droite. Le tuf a comblé les espaces entre les racines des arbres, qui en ont profité pour traverser la rivière, 5 à 10 m au-dessus du fond des gorges. Cette passerelle franchie, une courte escalade nous permet d’accéder au sentier qui remonte vers le Refuge des Blaches. Nous longeons le petit canyon du Feston et trouvons l’endroit idéal pour le pique-nique, suivi d’une sieste. Bien sûr, il y a quelques fourmis, des chardons secs, peut-être même des aoutas, cela n’empêchera pas une bonne récupération.
Nous repartons vers la forêt du Suy, suivant un sentier non balisé qui monte en larges lacets vers une bosse (1102 m) dominant les gorges de Trévans et ouvrant un large panorama vers le bassin de Majastres, le Chiran et ses satellites. Nous retrouvons notre sentier un peu plus bas et filons vers la ferme du Gros Jas, volets bleus et murs de pierres apparentes, tilleuls vénérables et, nec plus ultra, un bassin d’eau fraîche alimenté par une source. Une petite pause sur l’herbe rase puis c’est par la D17 que nous franchissons le Pas d’Escale, sous d’immenses falaises, grises et ocre.
La marche à 5 de front décuple les possibilités de conversation ; pour des randonneurs la route de Majastres, une voiture par heure, est une autoroute de la tchatche. Mais voici le sentier qui redescend vers le Pont Romain, fini le haut débit ! Le sentier en balcon au-dessus du Clovion nous conduit à proximité de la Chapelle Saint André (accès interdit, ruines dangereuses), la boucle se referme, nous retrouvons les pêcheurs bredouilles et les promeneurs du dimanche.
A La Bégude, commune de Bras d’Asse, nous sommes maintenant installés à la terrasse du bar l’Etape. Lysiane, la maîtresse de céans, est aux petits soins. Elle nous parle des cyclistes, des touristes, de sa spécialité de pizza, de l’intelligence des truites, de l’Asse et de l’Estoublaisse. Ayant pris connaissance de ma qualité de responsable du groupe, elle exige immédiatement un selfie avec le chef. Puis nous levons nos chopes et nos verres à cette belle journée de printemps ! Merci à tous pour cette belle aventure dans les montagnes des Basses-Alpes.
Distance : environ 20 km. Dénivelé : 950 m. Durée : 8h00 dont 6h45 de marche effective.





