Carnet de route
Ascension en Ubaye – Saison 1 – La Tête de Louis XVI
Le 05/06/2019 par TROTIGNON Laurent
Trois mois que je prépare cette sortie en Ubaye, choix des itinéraires, réservation des gites, inscriptions, réservation du matériel, information aux participants, scrutation de la météo et des conditions de neige … 5h00 : c’est le top départ, les sacs sont prêts, besoin d’une bonne douche pour me réveiller, un temps calme pour déjeuner, une couche de crème solaire, arroser les plantes, … il est déjà 6h00, il faut charger la voiture, ça aussi ça réveille ! Cathy et Daniel sont au Rocher du Dragon et nous arrivons à Venelles où déjà Eric est là, en compagnie de Serge, Christine, Corinne, puis Isabelle et Thierry. Un petit trou dans la raquette : le sac à dos d’Isabelle est resté à Marseille. Heureusement j’avais un sac de rab dans le coffre de toit et nous passons chez Thierry à Pertuis pour récupérer coupe-vent, casquette, eau. C’est ainsi que nous arrivons au hameau des Clots, au pied de la Tête de Louis XVI. L’avant dernier virage de la piste (1360 m) offre un généreux bas-côté, idéal pour stationner. Il fait beau, nous sommes en pleine nature, face au Laverq et aux Séolanes. Un prélude en sous-bois, piano andante, est suivi de la traversée d’une cascade. La pente va alors crescendo, des zigzags serrés, étayés par des murets de pierre ou taillés dans la roche, montent à l’assaut de la barre rocheuse. Nous arrivons aux granges de Roche Juan (1700 m) : une clairière, une source, des chalets, quelques bancs de bois brut : c’est la pause.
Ensuite, par une traversée légèrement ascendante dans le sous-bois fleuri, sur un sentier comme les aime Isabelle, tapissé d’aiguilles de mélèze, souple, nous atteignons la bergerie du Vallon, sous le versant Nord de la Tête de Louis XVI. Nous remontons le Vallon, où l’herbe remplace la neige, des soldanelles nous font la révérence. Vers 2300 m d’altitude, nous commençons la remontée de l’arête Nord, quelques résidus de corniche de neige s’accrochent encore, le chemin est boueux, la vue se dégage : Pic de Bure, Ecrins, Chambeyron, Barcelonnette, lac de Serre-Ponçon en train de se remplir. Les 1050 m de dénivelé ont été avalés en 2h45. Un court repas, une longue sieste, c’est aussi notre philosophie. Nous sommes allongés sur le nez de Louis XVI, les yeux fermés. Des hirondelles font du rase-motte, un vautour tente de gagner l’espace aérien du Grand Morgon. Vers 14h00 nous entamons notre descente en spirale vers les Clots. De passage par Barcelonnette, quelques courses sont faites et nous gagnons le Belvédère de Sainte Anne, notre bercail pour la nuit prochaine.
Face à la Tête de Siguret, le gîte nous accueille ainsi que plusieurs motards originaires de l’Ain et un couple de touristes. Douche, réglage des crampons, appels téléphoniques à la famille, nous arrivons rapidement à l’heure du dîner, le soleil éclaire les confins du Mercantour et le sommet de la Bonnette, où passe « la plus haute route goudronnée d’Europe ». Mais au fait, où irons-nous demain ?
J’avais prévu une ascension en boucle du Grand Bérard (3046 m). Cependant, cette ascension nécessite la montée et la descente des vallons du Parpaillon et du Bérard, raides, étroits, orientés au Nord, dominés par des pentes raides. Les conditions nivales sont délicates : enneigement tardif, réchauffement important en cours. Des coulées sont probables, Eric me signale que des plaques à neiges ont récemment été observées en altitude dans des versants Nord. Exit le Grand Bérard.
Et la Tête de Siguret (3032 m) ? Parcours en arête, partiellement enneigé mais non exposé aux coulées, mais la route d’accès à la batterie de Cuguret, longue, est réservée aux 4x4 et son accès réglementé.
La Tête de Crouès (2928 m) devient naturellement un objectif possible : la limite de la neige en versant Sud est d’environ 2800 m, 2300 m en versant Nord. Remonter le vallon de Bachasse depuis Sainte Anne puis atteindre l’arête entre la Pointe Fine et la Tête de Fin Fond ne devrait pas être trop difficile. Les renseignements collectés auprès du patron du gîte étayent cette idée. Bonne nuit !
Photos: L. Trotignon, D. Rayne





