Carnet de route

Ascension en Ubaye – Saison 3 – Vers la Pointe Basse de Mary

Le 10/06/2019 par TROTIGNON Laurent

Nous sommes très bien accueillis au Gîte de la Cure où nous retrouvons Cécile qui rejoint le groupe pour les deux derniers jours. Cathy offre sa tournée, une affaire conclue au sommet de la Tête de Crouès. Maljasset est calme, les skieurs ont remisé leur matériel alors que les randonneurs commencent à peine à arriver. Le Refuge CAF va bientôt rouvrir, nous saluons le nouveau gardien occupé par son inventaire. Etant établis à Maljasset pour deux nuits, nous prenons confortablement nos quartiers. La Pointe Basse de Mary (3126 m) domine le hameau et l’on aperçoit partiellement l’itinéraire que je souhaite suivre demain matin : montée à la bergerie de l’Alpet par le Grand Bois puis en direction du lac de Tuissier, le long de la Crête de Testeta. Cet itinéraire ne suit pas le chemin classique, est peu enneigé pour ce qu’on en voit et devrait offrir des vues dégagées sur les Aiguilles.

A 7h40 le samedi matin, le groupe quitte Maljasset, franchit l’Ubaye puis le torrent de l’Alpet et s’enfonce dans le Grand Bois. Après quelques détours dus à une erreur de la carte IGN, résolue grâce à Eric et Iphigénie, nous émergeons de la forêt et atteignons la bergerie (2435 m). Serge teste depuis 2 jours son nouvel appareil photo, variant les filtres, les pauses, les options. Les maillots flashy des randonneurs l’inspirent et il nous fait défiler par groupes de couleur. Isabelle reste un peu fatiguée de la sortie de la veille et Cécile n’est pas très entraînée : toutes deux souhaiteraient ne pas continuer la randonnée et redescendre tranquillement au Gîte après s’être reposées près des bergeries. Nous en avons déjà parlé ce matin, nous en rediscutons et réglons les derniers détails.

Le ravin de l’Alpet franchi, un névé pourri est traversé puis une traversée ascendante un peu délicate nous permet de prendre pied sur la Crête de la Testeta. Ce parcours de crête, saillant mi-herbeux, mi-terreux,  ouvre effectivement un panorama exceptionnel sur les Aiguilles de Chambeyron, l’Aiguille Pierre André, le Panestrel, la Font Sancte, le Péouvou. En contrebas, j’aperçois Cécile et Isabelle qui redescendent vers Maljasset. Quelques névés mollets précèdent l’arrivée au lac de Tuissier. Nous dominons le plateau d’environ 50 m, le lac est rempli de neige, une lame d’eau circulaire, vert pâle, en marque le centre.

La suite de la Crête de la Testeta est redressée et rocheuse, il n’est pas possible, sans reconnaissance préalable, d’y entraîner mes compagnons. Je conduis donc le groupe dans une traversée légèrement descendante pour atteindre le fond du vallon, accès classique vers le sommet. Jusqu’ici nous avons marché tranquillement, photographiant, admirant les paysages. Le soleil a tourné. Nous chaussons les crampons et entreprenons de traverser et gravir le grand névé qui barre le passage vers le sommet. Effondrements, chausse-trappes, pièges, … Assez rapidement il apparaît que si l’aller est pénible et laborieux, le retour sera de surcroît dangereux. Nous sommes clairement partis trop tard de Maljasset, et  il est raisonnable de faire demi-tour. La redescente du névé donne lieu à des scènes cocasses d’enlisement et de désenlisement, Cathy demande un droit de veto sur les photos. Rapidement un emplacement de pique-nique, également propice à la sieste,  est trouvé. Nous rentrons ensuite à Maljasset par le vallon de Mary et la bergerie basse, accomplissant ainsi une boucle à la fois sportive et variée. Juste avant la traversée de l’Ubaye, nous admirons les pissenlits en pleine floraison. Au gîte, nous retrouvons Isabelle et Cécile qui rentrent d’une visite à la brasserie artisanale de Saint-Paul. Et la fin d’après-midi est marquée par l’observation d’une harde de bouquetins, jeunes et adultes, qui viennent paître à un jet de pierre des maisons.

Le programme du lendemain était prévu initialement dans le vallon du Lauzanier, à la Tête de Pelouse, près de Larche. Ce vallon orienté au Nord sera très enneigé. La douceur des températures rendra les conditions de réalisation de ce parcours pénibles voire dangereuses. J’ai eu le temps d’y penser cet après-midi. Vers le Nord, nous pouvions voir le vallon de Girardin, bien dégagé. J’en parle au patron du gîte qui me conseille sur l’itinéraire le plus agréable, c’est décidé nous irons demain vers la Tête de Girardin.

Photos : S. Matricon, C. Thomas, L. Trotignon

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