Carnet de route

Weekend de rentrée alpi à la Pierre Andrée

Le 03/10/2025 par Baumier Jennifer

Plus de deux mois après la semaine alpi à Chamonix, nous voilà repartis pour de nouvelles aventures alpines.
Rendez-vous est donné le vendredi 3 octobre à la sortie de Maljasset, au fin fond de la vallée de l’Ubaye. Si Chamonix nous avait semblé bien fréquenté en juillet, ici, c’est tout l’inverse : un sentiment de nature brute, de montagnes immenses et de calme absolu. Rien de tel après une semaine chargée !

Même s’il n’y a pas un chat, notre montée débute par un tête-à-tête avec quelques patous locaux, ma foi, plutôt sympathiques. Plus tard, l’un des alpinistes du groupe apprendra qu’ils le sont nettement moins une fois la nuit tombée… (photo 1)

Le but du week-end : installer le campement au pied de la Pierre André pour deux nuits et réaliser plusieurs courses rocheuses en terrain d’aventure sur l’aiguille et les alentours.
Nous montons donc au bivouac avec nos sacs bien chargés : matériel de bivouac, nourriture pour deux jours, matériel de grimpe et de TA… Le mien approche les 15 kg, pourtant bien optimisé !

En sortant de la forêt, je vois David poser son sac et repartir en sens inverse : il a oublié de fermer les vitres de sa voiture ! La tuile… Nous marchons depuis près d’une heure et la nuit tombe vite, maintenant que les jours raccourcissent. Sans hésiter, il allume sa frontale et dévale le sentier.
Le reste du groupe poursuit la montée vers le pied de la Pierre André. Si le début est assez doux, la fin de la montée se redresse sérieusement, surtout avec nos sacs.
Nous atteignons un superbe spot de bivouac et montons les tentes à la frontale — il fait maintenant bien nuit. (photo 2)

On mange, on reprend des forces pour le lendemain.
Au loin, des frontales s’agitent enfin : David revient, non sans péripéties.
Il nous raconte qu’après avoir sécurisé sa voiture, il s’est retrouvé nez à nez avec les fameux patous, beaucoup moins accueillants cette fois. Il a dû faire un long détour, puis même redescendre pour récupérer son sac. Une sacrée épopée !

Nous discutons rapidement du programme du lendemain avant de filer nous coucher.
Après une bonne nuit et un petit déjeuner avalé, les cordées se forment.
La première équipe — Nico, Hugo, David, Thomas et moi — se lance dans la Gélinasse, avec une extension possible sur le Peigne.
La seconde équipe — Baptiste, Sylvain, Quentin et Jean-Charles — vise l’Aiguille de la Pierre André par la face Sud/Sud-Est, une belle voie de 200 m en 7 longueurs, avec relais équipés. Un excellent terrain pour mettre en pratique les formations TA ! 

Nous partons vers notre voie. Le premier passage grimpant est toujours un peu impressionnant (surtout le matin, à l’ombre, après plusieurs semaines sans grimper).
Nico et Hugo ouvrent la marche ; pour nous, après une petite glissade sans gravité, David prend la tête.
La voie est superbe, alternant passages grimpants et arêtes en corde tendue. Le temps est radieux — quand on est au soleil !
Nous atteignons le sommet de la Gélinasse (2850 m) (photo 3)

Nico et Hugo sont déjà engagés dans la traversée du Peigne (photo 4). La fatigue se faisant sentir, nous décidons de manger rapidement au pied du Peigne avant de redescendre au camp. (photo 5)

Sur le chemin du retour, nous les apercevons au sommet ! 
Tous réunis au bivouac, la pause s’impose — et les alpinistes ne rigolent pas avec ça. 

La deuxième nuit s’annonce plus rude : une fine pluie tombe en fin de journée et la température chute nettement. Nous apprendrons plus tard que la station météo de Saint-Paul-sur-Ubaye (2000 m) a enregistré -5°C le dimanche matin à 7h.
Nous, à 2600 m sous tente… inutile de préciser que le réveil fut glacial !
On avale vite le repas et on file dans nos duvets.

Au matin, une fine couche de glace recouvre les toiles. On allume vite le réchaud pour un café brûlant. (photo 6)
Programme du jour : le sommet de la Pierre André pour toutes les cordées, sauf Quentin et Jean-Charles, qui partent sur la traversée Gélinasse–Peigne.
Nico, Hugo, Baptiste et Sylvain optent pour Les Marmottes givrées, une voie de 9 longueurs, partiellement équipée, apparemment visitée par de véritables marmottes… certaines ayant même grignoté des poignées de bâtons !
Un “must-do” selon le camp. (photo 7)

Avec David et Thomas, nous partons sur Vieux Boucs, New Look (le mystère du nom reste entier). La voie, équipée, déroule sur 200 m et 8 longueurs.
Le froid pique : même en face sud, le soleil peine à réchauffer le rocher, et les petites rafales de vent nous engourdissent vite aux relais.
Mais quelle beauté ! (photo 8)
La L7, le crux, passe en face nord… L’ambiance change tout de suite. Ne plus sentir ses doigts n’aide pas à faire confiance aux prises ! Après, pour ma part, une bonne bataille, on se lance dans la dernière longueur : le dièdre final et le sommet est là.
Quelques minutes pour admirer la vue, puis descente par la voie normale en rappel. (photo 9) 

Deux rappels plus tard, nous voilà en bas, heureux. Nous rejoignons les cordées des Marmottes givrées et rentrons au camp.

En attendant le retour de Jean-Charles et Quentin, nous démontons les tentes et refaisons les sacs. Rassurés de les voir arriver et que tout le monde reparte sans gros bobos, on prend le chemin pour revenir à Maljasset. (photo 10)

Tout le monde redescend sans encombre.


La descente se fait toujours d’un pas plus lourd que la montée : la fin d’un beau week-end. Le retour à la réalité est difficile, mais les souvenirs accumulés rendent la semaine à venir plus douce. 

On me demande souvent pourquoi je “m’inflige ça” : la route, les sacs lourds, les réveils (très) matinaux, marcher dans le noir, dans le froid.
Mais l’essentiel est ailleurs : dans ce sentiment d’être dans un lieu préservé, parfois austère mais d’une beauté rare. Ces moments nous apprennent l’humilité, la patience et le dépassement de soi. 
On apprend plus sur nous à la montagne qu’ailleurs. Et ça mérite chaque effort.

 

Comme le cycle de formation va reprendre, et que nos encadrants préférés seront occupés à former les nouveaux adhérents, les sorties seront certes moins nombreuses, mais on attend avec impatience la nouvelle promo, pour de nouvelles aventures alpines.

 

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